Viol d’une jeune fille par 4 personnes dans le village de KALKUI

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Viol d’une jeune fille par 4 personnes dans le village de KALKUI

Il est minuit,  la fête bat son plein dans le village de Kalkui (dans la localité de Toustous à 65 km de Bobo-Dioulasso). Epuisée après avoir passée toute la nuit à danser au son du balafon, Adeline, une adolescente de 14ans, décide de regagner son domicile.  Malheureusement, la souplesse et la dextérité avec laquelle elle esquissait ses pas de danse n’avaient pas fait qu’attirer l’attention de personnes de bonne volonté. Chemin faisant, la jeune fille fût abordée par un jeune du village qu’elle reconnait comme étant dans le même lycée qu’elle. Sans se douter des pensées machiavéliques qui habitaient l’esprit de son camarade, elle accepte la proposition  de ce dernier de l’accompagner et même de faire un petit détour histoire de lui permettre de récupérer son téléphone qu’il aurait mis en charge chez le boutiquier du village. Subterfuge, qui en réalité visait à attirer l’adolescente  dans un traquenard, minutieusement orchestré en complicité avec trois autres jeunes garçons.  Violée à tour de rôle par les quatre jeunes gens, la jeune fille fut abandonnée là, à son triste sort.

Faisant appel à ses dernières énergies, la jeune fille réussie à rejoindre son domicile et décide de garder le silence sur ce qui venait de se produire. Combien de jeunes filles sont chaque jour victimes d’abus sexuels du même genre, mais qui par peur ou par honte préfèrent souffrir en silence ? N’eut été la vigilance de la mère de cette jeune fille, qui remarqua les traces de sang laissés par sa fille, l’affaire serait restée là.  La nouvelle se rependue dans tout le village et la scène indigna tous les habitants qui, pourtant ne firent rien ni pour soutenir la jeune fille encore moins sa famille. On se demande où est passée la solidarité que l’on retrouvait dans le temps dans nos cités.  Pire, la famille de la jeune fille se serait contentée d’un dédommagement pécuniaire de la part des parents des agresseurs si, un membre d’une association n’avait pas pris l’initiative d’alerter l’Action sociale présente dans la Commune.  Notons que les membres de cette association avaient bénéficié de plusieurs formations de la part de l’ONG CREDO, sur les droits des enfants et sur les mécanismes de dénonciation des cas de violation de ces droits. L’ONG s’est en effet lancé depuis 2014 dans un processus de responsabilisation des acteurs locaux notamment les associations dans la protection des enfants. C’est dire l’importance que peut revêtir les connaissances des textes de loi par les populations et surtout par les agents de développement.

L’Action Sociale  à son tour saisie la gendarmerie qui se déporta sur les lieux. Une enquête permis d’identifier de façon formelle les quatre auteurs de cette barbarie. Le constat est alarmant : trois des quatre agresseurs sont des mineurs ! Comment des adolescents plutôt que de réfléchir sur l’orientation qu’ils donneraient à leur existence, préfèrent échafauder de tels actes criminels ? la question de l’éducation des jeunes se pose encore ici avec force. Combien de jeunes aujourd’hui en effet manque de repères ou ignorent des valeurs telles que l’amour du prochain, l’humanisme, l’intégrité ?  Combien de parents plutôt préoccupés par l’appât du gain abandonnent leurs enfants à leur sort ? A la question de savoir si elle se sentait responsable de ce qu’avait subi sa fille, la mère répondra : « nous ne nous sentons en rien responsable de ce qui est arrivé à notre fille. C’est vrai que je n’ai jamais parlé de la sexualité à ma fille, mais, vous-même vous savez que les enfants d’aujourd’hui n’écoutent plus les anciens et puis ma fille est de nature très frivole. ». Comment ne pas tenir rigueur cependant à des parents qui laissent leur fille de 14 ans trainer à une heure tardive hors du domicile familial. Pire, comment les parents peuvent encore refuser d’aborder les questions de sexualité à leurs enfants pubères ? Dans tous les cas, si les parents ne le font pas, la télévision, les films pornographiques et même les enfants sexuellement précoces se chargeront de le faire et de la pire façon qui soit : la pratique.

Quoiqu’il en soit, Les présumés responsables de ce crime  sont entrain de méditer sur leur sort à la MACB (Maison d’arrêt et de Correction de Bobo).  La jeune fille, traumatisée,  et complètement désorientée, fût hospitalisée à l’hôpital de la capitale pour y recevoir des soins,  notamment la réparation de son appareil génitale fortement endommagé. Elle est également suivie par un psychologue.

C’est une folie qu’en plein XXIe siècle on soit confronté à des crimes barbares comme celui-là  de la part d’adolescents ! Qu’est ce qui à bien les pousser à commettre de tels actes ?                     Il est évident qu’en lisant cet article on condamnerait sans appel ces quatre jeunes gens,   mais il serait bon d’aller au-delà pour dénicher les racines enfouies du mal. Ses jeunes ne sont-ils pas victimes de l’influence négative de la part de ceux qui sont sensés leur servir de repère: leaders politiques, coutumiers et parents ? Comment accuser un enfant si son père n’hésite pas à épouser une petite fille de 13 ans qui, vient à peine d’entrer dans sa puberté ? Interrogé sur l’appréciation qu’il faisait du comportement de son fils, le père d’un des agresseurs dira « je n’aurai jamais cru que mon fils était capable de commettre un tel acte. Je suis convaincu que c’est la jeune fille qui l’a provoqué», justifiant ainsi l’attitude de sone enfant.

L’esprit d’un enfant est très perméable aux actes de ceux qu’ils considèrent comme étant des modèles. D’où la nécessité de leur présenter des modèles intègres, patriotes et engagés pour le bien être de leur communauté.

Le Burkina Faso doit ouvrir l’œil sur ses dérives de plus en plus critiques relatif au comportement des plus jeunes . Les parents doivent protéger autant que possible leurs enfants. Surveillez vos enfants, éduquez-les, sensibilisez-les! Les enseignants doivent faire de leur métier un véritable sacerdoce, la morale repose en grande partie entre vos mains ! Assumez votre rôle et travaillez au développement de votre pays !

Contribution du Projet RAPPDE –

Cheffe de projet : Mlle ORKIA ZAMPOU

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